16/03/2009

Mots tus et maux dits.

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Lors de la première séance de simulation en radiothérapie, durant la demi heure que devait durer le traçage de la zone à irradier, ne sachant que faire de mes mains et de mes bras, j’avais tout simplement mis ma main droite dans la poche de mon jean. Ce petit geste anodin a eu pour conséquence de me relever légèrement l’épaule droite, il en a résulté que pendant les 30 séances qui suivirent, à chaque positionnement sur la table de l’accélérateur Trilogy, je devais reproduire cette position et relever mon épaule.

J’en explique donc la raison à la manipulatrice qui s’étonne du phénomène :

- « Durant la séance de marquage, j’avais la main droite dans ma poche, je suis donc condamnée à faire de même jusqu’à la fin du traitement.
- Ahhhh, non !!! On ne dit pas ça !!! S’écrit-elle, surprise.
- On ne dit pas quoi… ???
- Condamnée, on ne dit pas condamnée !
- Mais enfin… condamnée à mettre la main dans la poche, ce n’est pas quoi !?!?
- Non ! On ne le dit pas ! »

J’ai donc appris ainsi qu’il existe des mots tabous, tout comme sur les bateaux, on ne doit jamais prononcer le mot « lapin », au CGFL, on ne dit pas « condamné ». De façon générale, tous les mots liés au thème de la mort sont à manipuler avec moult précautions. On ne doit pas aussi parler de « récidive », car questionner au sujet de cette éventualité revient, pour votre interlocuteur, à remettre en cause insidieusement ses compétences, même si tel n’est pas votre intention.

On apprend vite à surveiller ses propos, à choisir ses mots et poser les questions avec diplomatie (ce qui pour moi, tient de l’exploit ;-) )

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