04/06/2009

Cicatrice : ligne de vie.

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Voici encore un article qui fut difficile à écrire et surtout à publier. Je me suis fait quelque peu violence pour me résoudre à illustrer ce texte, mais j’ai décidé d’être utile, alors je dois assumer !

Je séjourne régulièrement au CGFL depuis près d’un an et j’ai constaté que la quasi-totalité de mes voisines de chambre ont souhaité voir à quoi ressemblait la cicatrice de ma mastectomie radicale. Avec le recul, je pense pouvoir expliquer ce besoin par la procédure qui entoure toute les opérations du sein.

La visite du chirurgien avant l’opération :
Pour toute tumorectomie mammaire, le chirurgien vient voir la patiente et lui explique qu’on va lui retirer sa tumeur et prélever quelques fragments de tissus sur les zones frontières de l’ablation. La tumeur sera analysée afin d’établir avec certitude le diagnostic, à savoir quel est le type histologique du cancer opéré. Les zones frontières sont elles aussi analysées afin de vérifier qu’il n’y reste aucune cellule cancéreuse. Les résultats sont transmis au bout d’une dizaine de jours par téléphone à la malade. Le chirurgien explique alors à la patiente que si l’analyse des zones frontières montrait qu’il reste des cellules cancéreuses, elle serait réopérée afin de procéder, soit à l’ablation d’une zone plus grande, soit à l’ablation totale du sein.

Cette explication est donnée à quasiment toutes les femmes qui se préparent à une opération du sein. Ce discours qui se veut très pédagogique est, en fait, très anxiogène car j’ai pu constater que la plupart des patientes pensaient qu’elles étaient les seules à qui l’on expliquait ceci. Elles en déduisaient donc à tord que leur cas pouvait être plus grave que ce qu’on voulait bien leur dire. En réalité, les patientes ne sont réopérées que rarement, et lorsque c’est le cas, c’est toujours par prudence afin d’être certain de laisser un terrain absolument sain avant la suite des traitements.

Les propos du chirurgien amènent donc la patiente, même atteinte d’une petite tumeur, à se poser la question d’une mutilation plus importante, voir d’une ablation totale du sein. « Et si cela m’arrivait, quelle serait ma réaction ? A quoi ça ressemble après l’opération ? Est-ce laid ? » Inévitablement, les questions affluent.


Je me suis aussi aperçue que pour les plus curieuses d’entre nous, si nous faisions la démarche de chercher sur Internet à quoi pouvait ressembler la cicatrice de mastectomie radicale, on tombait sur des photos un peu « gore », dignes des services de médecine légale, et somme toute pas très rassurantes.

Ma cicatrice a aujourd’hui un an, elle n’a fait l’objet d’aucun traitement de faveur, bien au contraire : elle fut l’achèvement d’une ablation sévère comprenant même le muscle pectoral, elle a été fermée par des agrafes (ce qui est plutôt rare) car le terrain était très inflammatoire et pour terminer elle a subit 30 séances de rayons. Comme vous pouvez le constater, ce n’est pas si affreux. Si vous devez subir une telle chirurgie, je vous laisse juger du résultat et j’espère sincèrement que cette photo vous rassurera. Croyez-moi, cela se vit et s’assume très bien, je n’ai pas peur de mon image dans la glace.

Je précise un petit détail pour celles qui ont ce type de cicatrice, elle peut présenter au touché des petites boules. Bien sûr, vous devrez en parler à votre médecin, mais ne vous angoissez pas, ce ne sont pas de nouveaux nodules cancéreux, ce phénomène fait partie du « vieillissement » normal de la cicatrice.

(Cliquez sur l'image pour agrandir)

Photo n°1 : Blocame.info
Dernière photo : l'auteur de la photo, c'est moi, mais l'auteur de la cicatrice, c'est le Dr. Fraisse.

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