20/08/2009

Le jour s'est levé

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Bon, un petit coup de "philo de supermarché"... Je sais, c'est un peu simplet, mais voila, j'aime bien les paroles de cette chanson de Téléphone qui fut leur dernière éditée avant la dissolution du groupe.

Pour écouter "Le Jour s'est levé" :

Pour suivre les paroles en écoutant :

Le jour s'est levé
Sur une étrange idée
Je crois que j'ai rêvé
Que ce soir je mourrais
Le jour s'est levé
Plein de perplexité
Si ce n'était pas un rêve
Qu'il faille s'en aller
S’en aller

Comme le jour avançait
En moi je pensais
Si ce n'était pas un rêve
J'ai tout à aimer
Quand le jour s'est couché
J'ai réalisé
Que ce n'était qu'une trêve
Dans ma réalité
Nous sommes ici pour croire
Rien d'autre à laisser croire.
Croire que l'on meurt ce soir
Pour qui veux bien voir

Le voile est levé
Sur ma pauvreté.
Qu'ai-je donc à garder ?
Qui ne sera soufflé
Oui, le voile est levé
Tout est si coloré
Qu'ai-je donc à donner ?
Que la nuit m'a soufflée
Nous sommes ici pour croire
Rien d'autre à laisser croire
Croire que l'on meurt ce soir
Et qu'il est déjà tard
Déjà tard
Mais pas trop tard
A toi de voir
A toi de croire

Le jour s'est levé
Sur cette étrange idée
La vie n'est qu'une journée
Et la mort qu'une nuit
La vie n'est ajournée
Que si la mort lui nuit

Paroles : Jean Louis Aubert

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26/07/2009

Ouf ! on a eu peur ! Ce n'est pas le H1N1.

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Vous connaissez le site VDM (pour "Vie De Merde"). Chacun y raconte les aventures plus ou moins drôles qui font notre quotidien. Certaines font vraiment rire ou sourire.

Donc, sur VDM, le 25 juillet 2009 en pleine épidémie de grippe H1N1, on a pu lire :

« Aujourd'hui, je suis dans un ascenseur et suis pris d'une quinte de toux. Devant le regard affolé des présents, j'ose un : "Pas de panique, ce n'est pas la grippe, juste un cancer du poumon !" Ils ont fait : "Ouf !" VDM »

J'aime l'humour flegmatique de cet internaute.


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10/06/2009

Bonne mine garantie !

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Presque tous les traitements du cancer sont sources de fatigue. Celle-ci finit tôt ou tard par marquer vos traits. Si vous êtes sous chimiothérapie, une pigmentation brune viendra encercler vos yeux, contrastant avec votre teint pâle (La chute des globules rouges donne un teint blafard). Sur le site de l’institut national du cancer, vous trouverez une vidéo de 6 mn bien faite vous expliquant dans le détail comment se maquiller (voir la vidéo, vous cliquerez sur la vignette de droite).

Ces conseils sont donnés par une esthéticienne professionnelle et obéissent donc aux règles de l’art. Mais avons-nous toujours le temps ou le courage de faire un maquillage aussi complexe ? Je ne sais pas si j’oserais utiliser de l’ombre verte sur mes joues…

Allez, va ! Je vois que vous trépignez d’impatience, je vais vous donner ma petite combine pour faire plus vite et plus simple ;-)

1 - Premièrement, je mets un fond de teint clair (pour ne pas avoir l’impression d’avoir une tête orange contrastant avec mon cou et mes épaules pâlottes par manque de globules rouges).

2 - Ensuite, avec un stick anticerne clair, je colorie autour de mes yeux, mes joues, le bout de mon nez et mon menton. Ce sont toutes les zones qui deviennent rouge pivoine quand j’ai des bouffées de chaleur. A ce stade je ressemble à un apache avec ses peintures de guerre.

3 - Pour continuer, je tapote avec le bout de mes doigts afin d’estomper les démarcations (il ne faut pas frotter mais bien tapoter pour conserver la texture opaque).

4 - Après je mets une bonne couche de poudre claire que je balaie avec un gros pinceau afin d’enlever les surplus de poudre inesthétiques.

5 - Pour terminer, je me dessine une bonne mine avec un fard à joue de teinte vieux rose. Si la chimiothérapie vous a amaigrie, mettez le fard au dessus des joues sur les pommettes.


Si la chimiothérapie vous a fait prendre quelques rondeurs, choisissez un fard à peine plus foncé et mettez le au milieu de vos joues pour les creuser, juste devant l’oreille, comme sur ce croquis.



Avec ce maquillage, on ne voit plus aucun cerne, aucune trace de couperose, plus de tache disgracieuse et surtout, on peut prendre de bonnes grosses bouffées de chaleur sans que personne n’y voit rien : le maquillage est totalement opaque.

Les produits que j’utilise :
Fond de teint : Zéro Défaut Couleurs Nature d’Yves Rocher, coloris Rose 100 à 17 €
Anticerne : Correcteur anticerne Luminelle d’Yves Rocher, coloris Beige Clair 8,40 €
Poudre : Poudre libre beige naturel Luminelle d’Yves Rocher à 10,40 €
Fard à joue : Poudre Luminelle d’Yves Rocher, coloris Rose gourmandise à 9,00 €
Je n’ai pas d’action chez Yves Rocher, je trouve simplement qu’il y a de jolies couleurs à des prix correctes. Il y a assez souvent des offres promotionnelles qui permettent de payer ces produits de 40 à 50% moins cher.





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P. S. : Ce n'est toujours pas moi sur les photos !

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Fabriquer un petit bonnet

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Mon crâne ressemble à celui de Yul Brynner, ça n’est pas laid et je joue de ma perruque et de mes foulards pour faire la belle. Ceci dit, il reste un petit détail pratique : la nuit j’ai froid au crâne ! Eh oui, moi qui me gaussais volontiers des porteurs de bonnets de nuit, j’ai dû me résoudre à m’en fabriquer un.

Voici une méthode toute simple pour confectionner de jolis petits bonnets de coton. Même si vous êtes nul(le) en couture, ces réalisations sont à votre portée.

Matériel :
1 vieux T-shirt
1 paire de ciseaux
1 aiguille
1 bobine de fil assorti
1 règle graduée ou un mètre ruban
1 petit bout de ficelle ou de cordonnet pour le modèle à pompon
1 crayon de papier gras pour les traçages
Facultatif : Des rubans, des perles, des boutons, des patchs pour décorer

Vous allez couper le bonnet dans le bas du T-shirt, vous savez, celui qui a des trous sous les bras (il sera donc inutile de faire un ourlet qui est déjà réalisé).
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Pour déterminer les dimensions :
Les coutures sont comprises, ne rajoutez rien avant de couper.
> Pour la hauteur H, comptez 20 à 21 cm pour le modèle à fond cousu, 30 cm ou plus pour le modèle à pompon.
> Pour la largeur, mesurez votre tour de tête et enlevez 2 cm (pour une femme, on trouvera de 54 à 56 cm). Normalement, on arrive à faire un bonnet dans le devant du T-shirt et un autre avec le dos.


Plier le morceau de tissu en deux et coudre le coté au point de piqure (appelé aussi point arrière et qui est un peu élastique) ou à la machine à coudre.


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Pour le modèle à pompon (le plus facile à réaliser) : nouez solidement le bonnet à 22 cm de l’ourlet de base. Coupez des franges dans la partie constituant le pompon. Cachez la ficelle ou le cordonnet avec des rubans pour faire joli. Après lavage, les franges vont se roulotter, ce qui est du plus bel effet.
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Pour le modèle à fond cousu : fermer le fond par une couture droite, vous obtiendrez un petit calot. Si vous fermez par deux demi-coutures en croix, vous obtiendrez un bonnet à 4 pointes de style scandinave.
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Vous pouvez décorer vos bonnets avec des rubans, des boutons plats, des patchs et toutes les fantaisies qui vous plairont. Pour le modèle ci-dessus, j'ai récupéré la broderie qui ornait le haut du T-shirt que j'ai appliquée sur le bonnet.

C'est aussi une idée de petit cadeau réalisable par des enfants...

Photo n° 1 : proximedia.com

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08/06/2009

La belle chauve du siècle dernier.

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Voici une image curieuse. Il s’agit d’une carte de visite de photographe du siècle dernier. On y voit une jolie jeune femme chauve debout à coté de sa mère probablement. Cette dernière tient sur ses genoux la perruque de la belle.

Ceci ne peut être la conséquence d’effets secondaires d’une chimiothérapie puisque ce traitement a vu le jour bien plus tard, comme le précisent les cours du Pr. Héron du Centre François Baclesse à Caen : « Les moutardes azotées sont des dérivées lointaines des gaz de combat de 1914 : en 1942, on observa pour la première fois une courte rémission chez un malade porteur de lymphome. ».

Cette petite curiosité vient du site
Tetue.net, site à la gloire des femmes à cheveux courts, rasés ou chauves.

Photo
: Sources et crédit ICI

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How are you, Mr. JOBS?

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Je ne résiste pas à l’envie de vous présenter Mr. Steve JOBS, patron d’Apple Inc. Il est soigné pour un cancer et à l’automne dernier lors d’un événement commercial organisé par sa société, il a répondu avec beaucoup de panache aux rumeurs concernant la dégradation de sa santé :


Il a affiché cette diapositive reprenant une citation de Marc Twain « L’annonce de ma mort est largement exagérée ». Au premier plan : ... Steve Jobs, lui-même. Châpeau bas !

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Quand sourcil rime avec facile.

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Messieurs, lisez cet article, il vous concerne aussi.

Chimiothérapie, alopécie, plus de cils, plus de sourcils.

Je me suis armée d’un crayon et j’ai voulu redessiner mes sourcils perdus. Bof ! Résultat peu probant, j’avais beau brosser, estomper, passer du temps et m’appliquer : j’obtenais toujours un résultat artificiel. De plus avec mes (ex-)cheveux de brunette, ça me donnait un regard très dur et pour tout dire, ça faisait « toc ».

Eh bien, j’ai trouvé la solution : Maintenant, je dessine mes sourcils directement sur ma peau, avec un fard à paupières en poudre qui est vendu avec un tout petit applicateur en mousse un peu pointu, idéal pour réaliser un dessin assez fin. Cela donne un résultat très naturel. La poudre se fixe d’elle-même sur votre fond de teint, ou sur votre crème antiride ou votre crème hydratante. De plus, il existe 8 coloris très naturels pour correspondre à toutes les teintes de cheveux. Ce maquillage express tient toute une journée, sans problème.

Mono couleur poudre « couleurs nature » de Yves Rocher, prix de base 12,00 € sur lesquels il y a assez souvent des offres promotionnelles qui permettent de le payer de 40 à 50% moins cher.


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04/06/2009

Cicatrice : ligne de vie.

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Voici encore un article qui fut difficile à écrire et surtout à publier. Je me suis fait quelque peu violence pour me résoudre à illustrer ce texte, mais j’ai décidé d’être utile, alors je dois assumer !

Je séjourne régulièrement au CGFL depuis près d’un an et j’ai constaté que la quasi-totalité de mes voisines de chambre ont souhaité voir à quoi ressemblait la cicatrice de ma mastectomie radicale. Avec le recul, je pense pouvoir expliquer ce besoin par la procédure qui entoure toute les opérations du sein.

La visite du chirurgien avant l’opération :
Pour toute tumorectomie mammaire, le chirurgien vient voir la patiente et lui explique qu’on va lui retirer sa tumeur et prélever quelques fragments de tissus sur les zones frontières de l’ablation. La tumeur sera analysée afin d’établir avec certitude le diagnostic, à savoir quel est le type histologique du cancer opéré. Les zones frontières sont elles aussi analysées afin de vérifier qu’il n’y reste aucune cellule cancéreuse. Les résultats sont transmis au bout d’une dizaine de jours par téléphone à la malade. Le chirurgien explique alors à la patiente que si l’analyse des zones frontières montrait qu’il reste des cellules cancéreuses, elle serait réopérée afin de procéder, soit à l’ablation d’une zone plus grande, soit à l’ablation totale du sein.

Cette explication est donnée à quasiment toutes les femmes qui se préparent à une opération du sein. Ce discours qui se veut très pédagogique est, en fait, très anxiogène car j’ai pu constater que la plupart des patientes pensaient qu’elles étaient les seules à qui l’on expliquait ceci. Elles en déduisaient donc à tord que leur cas pouvait être plus grave que ce qu’on voulait bien leur dire. En réalité, les patientes ne sont réopérées que rarement, et lorsque c’est le cas, c’est toujours par prudence afin d’être certain de laisser un terrain absolument sain avant la suite des traitements.

Les propos du chirurgien amènent donc la patiente, même atteinte d’une petite tumeur, à se poser la question d’une mutilation plus importante, voir d’une ablation totale du sein. « Et si cela m’arrivait, quelle serait ma réaction ? A quoi ça ressemble après l’opération ? Est-ce laid ? » Inévitablement, les questions affluent.


Je me suis aussi aperçue que pour les plus curieuses d’entre nous, si nous faisions la démarche de chercher sur Internet à quoi pouvait ressembler la cicatrice de mastectomie radicale, on tombait sur des photos un peu « gore », dignes des services de médecine légale, et somme toute pas très rassurantes.

Ma cicatrice a aujourd’hui un an, elle n’a fait l’objet d’aucun traitement de faveur, bien au contraire : elle fut l’achèvement d’une ablation sévère comprenant même le muscle pectoral, elle a été fermée par des agrafes (ce qui est plutôt rare) car le terrain était très inflammatoire et pour terminer elle a subit 30 séances de rayons. Comme vous pouvez le constater, ce n’est pas si affreux. Si vous devez subir une telle chirurgie, je vous laisse juger du résultat et j’espère sincèrement que cette photo vous rassurera. Croyez-moi, cela se vit et s’assume très bien, je n’ai pas peur de mon image dans la glace.

Je précise un petit détail pour celles qui ont ce type de cicatrice, elle peut présenter au touché des petites boules. Bien sûr, vous devrez en parler à votre médecin, mais ne vous angoissez pas, ce ne sont pas de nouveaux nodules cancéreux, ce phénomène fait partie du « vieillissement » normal de la cicatrice.

(Cliquez sur l'image pour agrandir)

Photo n°1 : Blocame.info
Dernière photo : l'auteur de la photo, c'est moi, mais l'auteur de la cicatrice, c'est le Dr. Fraisse.

28/05/2009

Les bains de bouche (... suite)

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Je vous avais donné une recette alternative pour les bains de bouche prescrits au cours des chimiothérapies (voir l’article). Je veux vous faire partager le conseil très pratique que Blandine, soignante-esthéticienne au CGFL m’a donné :

En voyage, en déplacement, si vous ne disposez de rien pour faire vos bains de bouche et que vous avez envie de vous soulager et rafraîchir rapidement la bouche, voici sa solution : Achetez dans la première épicerie ou superette venue une bouteille d’eau de Vichy St Yorre (attention, vérifiez bien qu’il est inscrit « St Yorre ») et utilisez cette eau en bain de bouche (environ 0,80 € la bouteille de 1,25 l ou 0,50 € la petite boutielle de 50 cl pratique pour mettre dans le sac). Cette solution hyper simple constitue un dépannage bienvenu dans de nombreuses circonstances. Attention, cela ne peut se substituer intégralement au traitement car, bien qu'étant la plus concentrée en bicarbonate (4863 mg/l), sa teneur en est 8 fois moins importante que celle prescrite dans les bains de bouche par le CGFL (4 cuillères à soupe représentent de 40 à 50 g/l). Mais, contrairement à la prescription de bains de bouche sur ordonnance, vous pourrez boire l'eau de Vichy St Yorre : ça sera excellent pour votre digestion !

Merci à Blandine pour cette astuce. Pour bénéficier de ses conseils, voir les modalités ICI.

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Les soins esthétiques au CGFL

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Voila, c’est fait et depuis peu de temps. Un vrai service de soins esthétiques a été mis en place au centre G. F. Leclerc. J’ai pu faire connaissance avec l’une des esthéticiennes en charge de ces soins, Blandine qui exerce tous les lundis, mardis, mercredi de 14 h à 16 h 30. Elle passe dans les chambres des malades qui en font la demande. Elle propose des soins du visage ou des mains et surtout, elle vous donne beaucoup de petits conseils pratiques et répond aux questions qu’on n’ose pas poser aux infirmières, pensant que ces interrogations sont futiles. Vous pouvez vous remettre entre ses mains expertes en toute confiance : Blandine est au départ une soignante qui s’est formée ensuite à l’esthétique. Vous n’avez donc pas à craindre de manipulations incompatibles avec votre traitement et c’est un vrai soulagement.

Elle n’a aucune fonction commerciale, les produits qu’elle vous conseillera sont choisis parmi les moins chers, les plus naturels et souvent issus tout simplement du placard familial.

Désormais, au fil des articles que je rédige, vous trouverez aussi les petits conseils de Blandine. J’espère ainsi l’aider de mon mieux en relayant ces informations qui sont essentielles pour nous aider à conserver bel aspect et bon moral.

Pour bénéficier des soins des esthéticiennes, adressez-vous à la secrétaire de l’étage où vous êtes hospitalisé(e), on vous fixera un rendez-vous qui se déroulera dans l’intimité de votre chambre (1/2 heure en général). Si vous êtes dans une chambre double, cela peut être aussi l’occasion de partages et de discussions intéressantes, une façon de découvrir votre voisin(e) sous un autre jour.

Messieurs, il n’y a pas de honte à demander son intervention, la chimio vous dessèche la peau autant qu’aux femmes. Vous verrez, c’est plus facile de demander conseil à une professionnelle qu’à sa femme ou sa fille (votre virilité ou votre autorité paternelle n’en souffriront pas). Pas d’inquiétude, Blandine n’est pas du genre à vous transformer en Drag Queen !


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12/05/2009

Rire au CGFL

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J’ai longtemps hésité à publier cet article, car je sais qu’il offusquera certains lecteurs. De plus, il y est un peu trop question de moi, qui ne voulait pas être le sujet central de ce blog. Pourtant, peut-être puis-je aider l’un ou l’autre en libérant une parole que beaucoup considèrent comme taboue : rire du cancer.

Comme tous les patients du CGFL, j’essaye de prendre du recul par rapport à la maladie et, de fait, le seul moyen que j’aie trouvé, c’est d’en rire. Je sais que ça dérange, que ça choque même, mais voila, je ne sais pas faire autrement : c’est dans ma nature, je ne fais aucun effort et tant pis pour ceux qui croient que « je ris jaune ». Eh bien non, je ris de bon cœur de ma maladie parce que l’humour est mon arme de dérision massive (comme on dit quand on veut faire dans l’humour subtil… mais un peu galvaudé…).

Même si j’essaye de faire de mon mieux pour vous accrocher un sourire aux lèvres avec ma petite prose sans prétention, je n’aurai jamais le talent de Pierre Desproges qui, en ces termes, répondait à la question « Peut-on rire de tout » :

« S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l’humour noir, elle, la mort ? Regardons s’agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l’heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d’un coup ça s’arrête, sans plus de raison que ça n’avait commencé, et le militant de base, le pompeux P. D. G., la princesse d’opérette, l’enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu’au bout de ton cancer (*), tous, tous nous sommes fauchés un jour par le croche-pied rigolard de la mort imbécile, et les droits de l’homme s’effacent devant les droits de l’asticot. »

Pierre Desproges, extrait du Réquisitoire contre Le Pen / Éditions du Seuil, Tôt ou Tard

Sans attendre l’autorisation de quiconque, je ris, je suis gaie et j’ai décidé de ne faire aucun effort pour contrer ma nature. Réfléchissez : quel est le choix qui nous incombe ?
- Soit nous sommes appelés à guérir (ce qui sera le cas pour la majorité d’entre nous) et dans ce cas, pourquoi se morfondre inutilement ?
- Soit la chance n’est pas au rendez-vous et dans ce cas, pourquoi gâcher le temps qu’il nous reste au lieu d’en profiter pleinement ?
L’alternative est décrite crument, mais comment l’exprimer autrement ?

En écrivant ces mots, je ne cherche même pas à me justifier, cela n’est pas nécessaire : je n’ai pas à quémander à quiconque l’autorisation d’être sereine et gaie. Comprenne qui pourra !

(*) Il pense ici à sa belle-sœur, voir l’article « La Belle-sœur de P. Desproges ».

Crédits photos : CristalXP et Photobucket.com

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11/05/2009

C'est bon pour le moral !

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Bon, vous l’avez vu, je badine volontiers sur le thème de l’esthétique et des soins cosmétiques. Quand j’ai un peu de mal à me refaire un portrait digne de ce nom le matin devant la glace de ma salle de bain, je me remonte le moral en allant visiter ces quelques pages web qui me font bien rire :

Quelques stars avec ou sans maquillage

Quelques anonymes avec ou sans maquillage

Quelques stars largement aidées par Photoshop®


Merci à ma fille cadette pour ces bons tuyaux !

Photos extraites du blog de Grégory Lemoine

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Le DS 12

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S’agit-il du syndrome d’Epinal, mais vous observerez que le dialogue est difficile sur le sujet de la radiothérapie avec les manipulateurs. L’équipe est constituée de personnes formidables, sympathiques, très professionnelles. Le contact est donc facile au premier abord. Cela reste vrai dès que vous n’abordez pas l’aspect technique de la radiothérapie. De fait, il est possible de poser des questions à ce sujet, mais ne vous attendez pas à avoir de réponses claires et franches. Au contact du point d’interrogation, le manipulateur présente une réaction allergique immédiate, il se referme et se protège derrière un jargon des plus techniques. Je vais vous narrer une petite anecdote qui m’est advenue et qui illustre bien ce malaise :

Au cours des 30 séances de radiothérapies que j’ai suivies, vers la fin, au moment où il fallait faire les repérages et les traçages pour les dernières séances dites « de réduction », il s’est produit par deux fois le même incident. La machine démarrait, puis après quelques secondes s’arrêtait. Je restais immobile, attendant qu’une voie dans le système de communication me donne une indication, ou me dise de ne pas bouger… mais rien, silence radio. Puis la machine se remettait en route et la séance s’achevait comme à l’habitude. Au retour des manipulatrices dans la pièce, je sentais qu’une question ne serait pas la bienvenue et me taisais donc.

Je m’interrogeai au sujet de ces arrêts intempestifs. Non pas que je craignisse une sur-irradiation, mais devant un tel déferlement de haute technologie, on se sent si impressionnée et démunie, que toute explication est la bienvenue. Prenant mon courage à deux mains, la semaine suivante, j’osai demander « Jeudi dernier, la machine s’est arrêtée, puis a redémarré, de quoi cela vient-il ? ». Silence gêné, les manipulatrices se regardent les unes les autres, se demandant visiblement qui répondra, puis l’une d’elle me regarde et me dit tout net « C’était un DS 12, c’était d’ailleurs le seul DS 12 de la semaine ! ». Je compris que je devais me contenter de cette réponse. J’étais donc bien avancée : un DS 12… un DS 12, qu’est-ce que c’est un DS 12 ? Il m’a fallu deux semaines d’obstination et de recherches complexes sur Internet pour enfin trouver sur un forum d’élèves manipulateurs en radiothérapie, qu’un DS 12 était une mise en sécurité de la machine qui s’arrête automatiquement dès qu’il y a un écart de plus de 5 % entre deux chaines de calcul. Cela veut donc dire tout simplement, que lorsqu’on dérègle la machine, puisque celle-ci fait en permanence des vérifications de sécurité, elle s’aperçoit immédiatement des modifications et s’arrête.

Vous conviendrez avec moi qu’il eût été préférable de me répondre : « Vous êtes traitée sur une machine à très haut degré de sécurité, comme nous avons touché aux réglages en prévision des séances de réduction, celle-ci l’a immédiatement détecté et a appelé une correction. Ce système vous met donc à l’abris de tout dérèglement ce qui est très sécurisant pour vous comme pour nous ». Ce type de réponse m’aurait évité de chercher pendant 15 jours ce qu’était un DS 12, m’aurait complètement rassurée et apaisée. Tous les patients n’ont pas forcément des bases en science physique qui leur permettent de chercher la réponse par eux même. Donc combien de patients auraient gambergé sur ce DS 12 et pensé qu’ils étaient peut-être victime d’incidents aussi graves que ceux d’Epinal ?

Nous, les patients ne pouvons guère faire changer cette façon de communiquer. Le changement ne peut venir que de l’équipe elle-même, mais je ne suis pas sûre que les manipulateurs aient conscience de jargonner et d’induire de la sorte des angoisses car ils le font en toute bonne foi et sans aucune intention de nuire au patient. Je crois même que, ce faisant, ils pensent nous préserver !

Comme vous l'avez remarqué, je confesse que mon coté "vieille France" me fait aimer l'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif, quitte à passée pour ridicule...

30/04/2009

La vengeance est un plat qui se mange froid !

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Cancer : n. m. du latin cancer (crabe, chancre) et du grec karkinos (crabe, écrevisse).

Le week-end dernier :
VENGEANCE !!! J’ai mangé du crabe !!!

Deux beaux tourteaux (nom latin : cancer pagurus) achetés sur un marché aux poissons normand. Assez bizarrement, j’ai pourtant été la seule à avoir pitié d’eux quand on les a mis dans la casserole… Vraiment pas rancunière…

Voyez sur la photo ci-contre le résultat après le combat, qui pour les crabes, fut inégal !

Accessoirement, voici la recette : Plonger le crabe vivant dans une grande casserole d’eau froide à laquelle on a ajouté un sachet ou un cube de court-bouillon. Mettre un couvercle et portez à ébullition. Comptez 20 minutes à partir du moment où cela bout. Sortir les crabes, les égoutter et les laisser refroidir. A déguster, surtout les pattes, avec une bonne mayonnaise et un brin de sadisme... (Prescription non remboursée par la sécurité sociale).

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23/04/2009

La durée d'une scintigraphie.

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On vient de vous prescrire une scintigraphie au service de la médecine nucléaire. Cet examen est totalement indolore et ne doit vous causer aucun stress. Il nécessite cependant un peu d’organisation, surtout si vous devez vous y rendre en taxi ou accompagné(e) d’un membre de votre entourage. Il faut savoir que le délai de réalisation de cet examen est très variable en fonction du type de scintigraphie prescrite. Ce délai est fonction du temps nécessaire à ce que le produit radioactif que l’on vous injecte fasse effet. Ceci peut aller d’une demi-heure dans le cas d’une scintigraphie cardiaque, à 3, voir 4 heures dans le cas d’une scintigraphie osseuse complète (4 heures au cours desquelles vous pouvez vaquer librement). Une scintigraphie peut donc durer d’une heure à une demi-journée.

Il est donc nécessaire de se renseigner sur la nature et la durée de l’examen auprès du service afin de pouvoir organiser correctement son transport au CGFL, particulièrement si vous venez en taxi.

Secrétariat du Service de médecine nucléaire du CGFL 03 80 73 75 22

Plus d’information sur la scintigraphie :
Après de l’Institut National du Cancer
ICI
Auprès de la FNCLCC, dans son dictionnaire
ICI

Photo : Institut National du Cancer