29/03/2009

Le savon de Marseille.

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Si vous êtes amené(e)s à suivre une radiothérapie, on vous conseillera de ne pas utiliser de parfums ou de savonnettes parfumées durant toute la durée du traitement. On vous indiquera que le mieux est d’utiliser pour sa toilette du savon de Marseille.

Or, il advient que certaines personnes présentent, malgré cet usage, des réactions allergiques. Cela provient généralement du fait qu’il y a confusion entre « le savon de Marseille » et « Le Petit Marseillais » qui est une savonnette dont je ne mets pas les qualités en cause, mais qui contient des additifs autres que la seule glycérine du savon de Marseille.

Donc, ne vous trompez pas : le savon de Marseille se trouve au rayon des produits ménagers, à coté des lessives et des produits d’entretien, il est vendu par pack de 5 savons de 100 g au prix moyen de 2 € le pack, c’est la marque Persavon que l’on retrouve le plus fréquemment. Alors que le Petit Marseillais, se trouve quand à lui au rayon « hygiène, produits de beauté ».

Sachez aussi que le savon de Marseille est un antiseptique doux et qu’il convient bien pour laver les cicatrices, que la glycérine qu’il contient vous aidera aussi à conserver une peau souple et que ce film de glycérine protégera votre épiderme du desséchement. Que de merveilles pour si peu d’euros !

Devinette...

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Qu'est ce que c'est ?


Réponse : Une petite chambre sous les toits !

Bon, c'est nul, même pas digne de l'Almanach Vermot. De plus, ceux qui ne savent pas ce qu'est une chambre implantable n'y comprendront rien.

Ah, là, là, quelle pitié !

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Terra Incognita.

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Incroyable ! Au XXIème siècle, il existe encore des zones inconnues, inexplorées que nul n’a encore contemplées :

Mon crâne !

Eh bien, oui, je n’avais encore jamais vu mon crâne avant que mes cheveux ne tombent. Depuis lors, chaque matin, devant la glace de la salle de bain, je découvre un peu de la cartographie de cette nouvelle Terra Incognita. J’attends même cela avec un peu d’impatience. Pour l’instant, je suis assez contente de ce que je découvre : ça pourrait être pire, j’ai le cuir chevelu en assez bon état, sans trop de marques, de creux ou de bosses, juste un peu blanc.

Bon, d’accord, les aventures d’Indiana Jones sont plus trépidantes que les miennes… Mais comme le chantait Jacques Brel : « L'aventure commence à l'aurore. A l'aurore de chaque matin. L'aventure commence alors. Que la lumière nous lave les mains… ».


Elle est jolie, la dame sur la photo... Hélas, ce n'est pas moi !

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27/03/2009

La musique adoucit les moeurs...

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Comme vous l’avez vu dans le hall et les couloirs du Centre Leclerc, l’art est présent dans l’hôpital, et cela fait comme une fenêtre ouverte sur autre chose que la maladie.

Il n’y a pas que les arts graphiques et plastiques qui soient représentés : il y a aussi de la musique au Centre Leclerc. Mardi 24 mars, Gilles Rougemon et Ivan Stochl, professeurs au conservatoire de Dijon sont venus nous interpréter des duos de clarinettes, il s’agissait d’inventions de J. S. Bach. La première prestation a eu lieu dans la salle de séjour du 2nd étage, l’ambiance était intimiste et le choix des œuvres, courtes et légères convenait bien à nos états d’esprit. Ensuite, les musiciens se sont rendus dans la chambre de certains malades qui ne pouvait se déplacer afin d’interpréter ces œuvres au pied de leur lit. Entendre la musique qui filtrait dans les couloirs en provenance des chambres avait quelque chose d’irréel…

Le rêve passe… En sortant de l’ascenseur, alors que nous accompagnions les musiciens au 3ème étage, nous avons rencontré un(e) oncologue qui, de but en blanc, a déclaré aux musiciens : « Qu’est-ce que vous faites ici ? A cet étage, je ne pense pas qu’il y ait de malade en état de vous écouter ! ». Coté accueil, ça vous cueille à froid ! Moi qui pensait que la musique adoucissait les mœurs... Tous ceux qui ont deviné qui a bien pu prononcer cette phrase gagne un caramel mou (j’ai peur de ne pas avoir assez de caramels mous :-) ...).

Avant d'entrer au Centre Leclerc...

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On vous a indiqué que vous devez être hospitalisé(e) au centre Leclerc. Comment vous préparer ?

Les ongles :
Tout d’abord, pour vous mesdames, pensez à retirer tout vernis à ongles (sur les mains, comme sur les pieds). Celui-ci gène au bon fonctionnement de l’oxymètre de doigt destiné à surveillé votre bonne oxygénation durant l’intervention.

Les poils :
Pensez à vous raser ou épiler la zone qui sera opérée. En effet, il est souvent plus facile de réaliser ce rasage soit même avec son propre matériel auquel on est habitué et ce, dans l’intimité de sa salle de bain, qu’à l’hôpital.

Pour les consultations, en particulier, les suivis de cancer du sein :
Pensez à vous raser les aisselles, ceci facilitera la bonne palpation des zones ganglionnaires que votre oncologue ne manquera pas de vérifier. De plus, il n’y a pas à douter qu’il/elle préfèrera tomber sur une peau douce plutôt que sur une touffe de poils humides.
;-)

Photos : Plurielles.fr et "Max" de Giovannetti, éditions de l'Ecole des Loisirs

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20/03/2009

Les chercheurs au placard.

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« Des chercheurs qui cherchent, on en trouve. Des chercheurs qui trouvent, on en cherche »

avait dit Ch. De Gaulle.

Au CGFL, les chercheurs, il faut chercher pour les trouver… et je les ai trouvés… dans un placard !

J’exagère à peine, si vous allez au 3ème étage, vous y verrez un tout petit bureau, étroit, avec juste la place pour un rangement, un plan de travail et deux chaises, et dans ce tout petit réduit, travaillent deux chercheurs.

Il y a bien « crise du logement » au CGFL, et ce pour tous le monde, malades, soignants et chercheurs. Que faut-il donc souhaiter pour l’avenir - Plus d’espace pour le Centre GF Leclerc afin qu’il puisse accueillir plus de malades et de chercheurs, ou bien - Moins de cas de cancer grâce à la prévention ?


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T'as le look, Coco ?

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En lisant ce blog, vous vous êtes peut-être dit « on dirait un magasine féminin avec des conseils esthétiques et vestimentaires… Pour un blog traitant du cancer, c’est bien futile, tout ça ! ».

J’ai pensé longtemps que le look n’avait pas vraiment d’importance, que « l’habit ne faisait pas le moine » et je mettais peu de soin à améliorer mon image, jusqu’au jour où… on m’a diagnostiqué un cancer. J’ai voulu tout connaitre de ma maladie et me suis mise à lire les articles scientifiques qui la concernaient, les cours de cancérologie, les publications des chercheurs et de façon générale, tout ce qui s’y rapportait.

J’ai vite constaté la chose suivante : le look du patient est très important et entre en compte dans le jugement que portent les médecins sur le cursus de sa maladie. Bien entendu, votre oncologue ne vous dira pas « Voyons voir, quel look avez-vous aujourd’hui ? ». Cependant, en vous recevant, il vous observera, et portera un jugement sur votre état général : avez-vous l’air déprimé, fatigué, avez-vous mauvaise mine, avez-vous maigri, avez-vous les yeux cernés. Il appréciera si vous avez le teint frais, le sourire aux lèvres, des habits qui vous mettent en valeur. J’ai lu et relu beaucoup de littérature au sujet des facteurs de bon pronostic dans les cancers. En fonction du type de cancer, certains facteurs vont varier car ils dépendent de la localisation et des spécificités de la maladie. En revanche, pour tous les types de cancer, quels qu’ils soient, on retrouve invariablement deux critères dans les facteurs de bon pronostic : premièrement et bien entendu, le stade peu évolué du cancer et deuxièmement, l’état général du patient, sous cette appellation, on comprend la biologie du malade et son aspect physique.

Je simplifie beaucoup si je dis qu’avoir bonne mine peut vous donner droit à de meilleurs traitements, mais il y a un peu de vrai dans cette affirmation abrupte. Même s’il a prêté le serment d’Hippocrate et juré de soigner tout le monde sur un strict plan d’égalité, votre médecin va être influencé par ce qu’il voit. S’il voit un patient délabré (c’est un terme médical), il ne sera pas encouragé à investir sur lui (j’utilise ici le verbe investir tant au sens propre que figuré et cette notion très subjective « d’état général du patient » est abordée clairement dans les cours d’oncologie). Ce que je vais dire est peut-être cavalier, mais vous devez « vendre » votre cas à votre oncologue et lui donner envie de tout tenter pour vous. Alors soignez votre look, pomponnez-vous, mettez des habits colorés qui vous donne bonne mine, plongez dans les poudres chatoyantes et les crèmes onctueuses, nouez de jolis foulards autour de votre tête. Que ces messieurs n’hésitent pas à piquer les fards de leur épouse et optent pour des vêtements aux couleurs fraîches qui soulignent leur dynamisme.

Vous verrez, non seulement cela agira sur votre médecin, mais cela agira aussi sur vous, c’est bon pour le moral de s’occuper de soi et d’entendre les autres vous dire en retour que vous avez bonne mine. Joli pied de nez au « crabe » qui nous squatte !

Images extraites de "Dessins de mode des Créateur" Editions Thames & Hudson

18/03/2009

Je suis vernie.

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Comme l’indique l’Institut National du Cancer, pendant une chimiothérapie, les ongles souffrent, ils peuvent devenir cassants, malades, voir même, tomber. Il est donc préconisé la pose d’un vernis lors du traitement. Voir la page web de l’INCA traitant le sujet : ICI

Je voudrais compléter cet article. A mon sens, après diverses recherches d’informations, recoupements et essais sur moi-même, la méthode donnant les meilleurs résultats est :

La veille du traitement :
Poser deux couches de vernis au silicium transparent + deux couches de vernis noir. Garder cette protection durant 3 à 4 jours.
Entre deux chimiothérapies :
Poser deux couches de vernis au silicium transparent + deux couches de vernis plutôt foncé et non nacré (*).

Avec ce système, vos ongles restent durs et ne se cassent pas.

Je vous donne les marques que j’utilise :
* Le vernis au silicium s’appelle GEN-ONGLES des laboratoires CS Dermatologie, environ 12 euros, peut être commandé dans toutes les pharmacies (il existe aussi un vernis similaire chez La Roche-Posay).
* Les vernis colorés (noir ou rouge-bordeaux) sont de la marque Maybelline, gamme « Tenue & Strong PRO », qui tiennent réellement plus d’une semaine sans s’écailler et vous évitent de refaire trop fréquemment votre manucure.
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Plus d’info ICI
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(*) Pourquoi du vernis non nacré ? Je me risque à donner une explication : La nacre est formée de conchyoline et de cristaux d'aragonite. La conchyoline est une protéine qui permet la présence d'agrégat ce qui donne sa résistance à la nacre. En revanche, il doit être néfaste qu'elle agrège le vernis à l'ongle.

Dessin : Mordilla in Opus 2 aux éditions Glénat

Ca marche au poil !

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Aujourd’hui, mes cheveux et mes poils commencent à tomber et… je suis heureuse et soulagée !

En effet, je m’étais mise dans la tête (à tord ou à raison) que si la chimio n’était pas capable de dégommer un cheveu de 4/100ème, elle ne serait pas capable de trucider un sarcome de 7 cm ! Donc le traitement agit, mes cheveux au fond de la douche en sont la preuve : je suis contente et c’est bon pour le moral !

Je vous encourage à juger l’alopécie comme une preuve d’efficacité de la chimiothérapie, il est évident que pris sous cet angle, le phénomène est beaucoup plus facile à accepter.

Connaissez-vous mon copain Max le Hamster, voici le résumé de sa chimio :


Dessin (un peu détourné) extrait de "Max" de Giovannetti aux éditions de l'Ecole des Loisirs, références complètes ICI

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16/03/2009

Et Dieu dans tout ça ?

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Le Chat, Extrait de "Le Chat au Congo" 1993, Philippe Geluck
http://www.geluck.com/

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Mots tus et maux dits.

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Lors de la première séance de simulation en radiothérapie, durant la demi heure que devait durer le traçage de la zone à irradier, ne sachant que faire de mes mains et de mes bras, j’avais tout simplement mis ma main droite dans la poche de mon jean. Ce petit geste anodin a eu pour conséquence de me relever légèrement l’épaule droite, il en a résulté que pendant les 30 séances qui suivirent, à chaque positionnement sur la table de l’accélérateur Trilogy, je devais reproduire cette position et relever mon épaule.

J’en explique donc la raison à la manipulatrice qui s’étonne du phénomène :

- « Durant la séance de marquage, j’avais la main droite dans ma poche, je suis donc condamnée à faire de même jusqu’à la fin du traitement.
- Ahhhh, non !!! On ne dit pas ça !!! S’écrit-elle, surprise.
- On ne dit pas quoi… ???
- Condamnée, on ne dit pas condamnée !
- Mais enfin… condamnée à mettre la main dans la poche, ce n’est pas quoi !?!?
- Non ! On ne le dit pas ! »

J’ai donc appris ainsi qu’il existe des mots tabous, tout comme sur les bateaux, on ne doit jamais prononcer le mot « lapin », au CGFL, on ne dit pas « condamné ». De façon générale, tous les mots liés au thème de la mort sont à manipuler avec moult précautions. On ne doit pas aussi parler de « récidive », car questionner au sujet de cette éventualité revient, pour votre interlocuteur, à remettre en cause insidieusement ses compétences, même si tel n’est pas votre intention.

On apprend vite à surveiller ses propos, à choisir ses mots et poser les questions avec diplomatie (ce qui pour moi, tient de l’exploit ;-) )

12/03/2009

Spécial dédicace à...

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Scène : intérieur, fin d’après-midi, une salle d’attente pleine.

Les uns attendent une visite auprès du chirurgien, les autres une consultation vers le médecin anesthésiste.

Ambiance lourde, on peut lire sur les visages, la peur, la lassitude, l’abattement. Attente, longue attente… La porte de l’anesthésiste s’ouvre :

- « Madame X…, c’est à votre tour ! »

Le médecin anesthésiste me fait entrer, il a des lunettes… jaunes. Mais, le top du top, c’est le stéthoscope : il est jaune aussi, assorti aux lunettes !


Merci à Monsieur Thierry RAPENNE de cette touche de légèreté, comme une délicate attention portée à vos patients. Sachez que j’ai apprécié !


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La belle-soeur de P. Desproges

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Pierre Desproges est certainement l’humoriste qui a le plus tourné en dérision la question du cancer. Son humour décapant agressait les uns, enthousiasmait les autres, nul ne restait indifférent.

« S’il n’y avait pas la science, malheureux cloportes suintants d’ingratitude aveugle et d’ignorance crasse, s’il n’y avait pas la Science, combien d’entre nous pourraient profiter de leur cancer pendant plus de cinq ans ?»
Textes de scène / Éditions du Seuil, Tôt ou Tard

Mais le saviez-vous, sa femme dans une interview a révélé que lorsqu’il écrivait des textes sur les cancéreux et cancérologues, il ne le faisait pas en référence à sa propre situation, mais le faisait par rapport à sa belle-sœur qui souffrait d’un cancer. Lui-même n’a eu que très tardivement conscience d’être atteint par cette maladie.

Cependant, il termina sur une ultime pirouette en écrivant : « Pierre Desproges est mort d’un cancer. Etonnant, non ? ».

Déconcertant, non ?

J'en connais un "rayon" !

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Lorsque je faisais mes séances de rayons, combien de fois ai-je trouvé une petite Mamie perdue dans les couloirs déserts du service de radiothérapie à 8 heures du matin ?

- « Vous cherchez quelque chose, Madame ?
- C’est pour faire une radio… Je ne sais pas où aller…
- Il faut aller en radiologie, ici, c’est la radiothérapie, je vous accompagne c’est juste à coté.
- Ah, oui, je savais bien que c’était radio… quelque chose ! »

Alors, ne vous y laissez pas prendre :
-> pour faire une radio, on va en RadioLOGIE

-> pour faire des rayons, on va en RadioTHERAPIE


Aide-toi...

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On attribue cette phrase à Audrey Hepburn :

« Souvenez-vous, si vous avez besoin d’une main tendue, vous en trouverez une à la fin de chacun de vos bras. A mesure que vous grandirez, vous découvrirez que vous avez deux mains, une pour vous aider, l’autre pour aider les autres. »

Je ne sais pas si elle a réellement prononcé ces mots, mais je pense qu’elle aurait pu le faire et que tout du moins, elle serait en accord avec ce message. Donc, je le prends comme tel et vous l’offre parce qu’il exprime si bien ce qui est ma conviction.

Bon, je sais, ça fait très "philo de supermarché", mais il n'y a pas de mal à se faire du bien, même si c'est un peu "kitch", ça me plait :-)

Pour en savoir plus sur cette grande dame qui fut ambassadrice de l’UNICEF : http://www.audreyhepburn.com/ (en anglais)

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11/03/2009

En attendant l'Arlésienne...

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L’oncologue est l’Arlésienne. On ne le voit pas assez souvent à notre goût, les rendez-vous s’échelonnent de 3 en 6 puis 12 mois. On attend la consultation avec impatience et lorsqu’arrive le jour tant attendu, assez bizarrement, pour beaucoup de patient(e)s, l’oncologue devient celui sur lequel on déverse toute son amertume et toute sa déconvenue d’être tombé(e) malade. C’est tout juste si ce n’est pas de sa faute… car il faut bien un fautif, n’est-ce pas ? (« Ou pas… » dirait ma fille cadette).

Dialogues entendu dans une salle d’attente :


Les vacances :
- « Vous savez quoi ? IL veut me faire faire une chimio ! Mais ce n’est pas possible maintenant, j’ai déjà réservé ma location pour les vacances. Je ne vais quand même pas louper la plage pour un chimio ! Il faudra qu’IL déplace les dates !
- Vous savez pendant un chimio, vous n’avez pas le droit d’aller au soleil, de toute façon…
- Alors c’est simple, je refuse qu’IL me fasse une chimio ! On va voir ce qu’on va voir ! »


L’attente :
- « Avec la maladie qu’on a, c’est inadmissible qu’IL nous fasse attendre comme ça ! »


L’opération :
- « Vous vous rendez compte ? IL veut me faire réopérer parce qu’IL a trouvé un nodule à enlever.
- C’est certainement pour votre bien, le mieux est de ne pas prendre de risque…
- Mais enfin, ce n’est pas possible, on m’a opérée il y a 6 mois, ILS étaient à deux chirurgiens et ILS n’ont rien vu ! »
- … !?!? … »


Le dossier :
- « C’est incroyable ! IL a encore perdu mon dossier !
- C’est peut-être votre hôpital d’origine qui ne l’a pas transmis…
- Non, c’est toujours pareil, IL a perdu mon dossier !
- Ou alors, c’est son secrétariat…
- Oui, ben c’est pareil !

Je m’attendais donc à rencontrer mon oncologue couvert de plaies et de bosses, l’œil au beurre noir et des traces de griffures sur le visage. Lorsque je l’ai interrogé sur son état de santé et lui ai expliqué le pourquoi de ma question, il a sourit et m’a affirmé que toutes ces dames avaient été charmantes et gracieuses…

Photo de Dominique Houcmant

Cancer ou... Chikungunya ?

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Au CGFL, on guérit du cancer, mais on pourrait bien revenir avec le chikungunya !

En été, si vous devez être hospitalisé(e) au CGFL, pensez à vous munir d’un petit appareil insecticide qui se branche sur une prise (ceux qui se recharge avec des petites plaquettes qui ressemble à du carton, pas ceux qui comportent un flacon liquide, ils ne conviendraient pas car les prises sont inclinées à la tête des lits). Apportez suffisamment de plaquettes pour la durée du séjour. En effet, la zone où se trouve le CGFL est infestée de moustiques (situation qui s’est peut-être encore aggravée avec les travaux de terrassement qui génèrent des flaques et des bourbiers propices à la reproduction de nos petits vampires, l'aile Est du CGFL surplombe ce chantier).

Un jour de sortie, je me souviens avoir traitreusement abandonné une pauvre voisine de chambre, seule, avec 12 moustiques qui peuplaient la salle de bain et attendaient la nuit pour quitter leur cachette et n’en faire qu’une bouchée !

Notez cependant que le moustique n'est pas suicidaire : Il ne pique pas les malades qui subissent des chimiothérapies ! Je ne m'explique pas le phénomène, mais force est de constater que, soit il craint l'empoisonnement, soit il n'aime pas le sang "light" (pauvre en globules rouges) :-)

Pyjama ou chemise de nuit ?

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Réfléchissez bien, devez-vous prendre un pyjama ou une chemise de nuit ? Tout dépendra de l’opération ou des soins que vous devez subir. Songez à l’endroit où devra se situer la cicatrice et par voie de conséquence les drains. Pour une opération du sein, il est certain qu’il vaut mieux prendre un pyjama, les tuyaux des drains ressortiront à la taille et vous pourrez vous promenez, votre petit sac plastique contenant les bouteilles réceptacles, à la main sans problème. Si vous portez une chemise de nuit longue, soit il faudra faire des contorsions compliquées afin de faire passer tuyaux et bouteilles par les manches, soit les tuyaux retrousseront votre chemise de nuit jusqu’en bas des cuisses, laissant apparaître les très sexys bas de contention blancs prêtés aimablement par le CGFL !

Pour les chimiothérapies, comme pour les opérations du sein, non seulement vous devez prévoir
un pyjama, mais de plus le choisir avec le haut qui boutonne sur le devant afin que les infirmières n’aient qu’à défaire les boutons pour faire votre perfusion ou vos soins en toute discrétion.

S’il convient d’oublier les nuisettes sexys, vous ne devez pas pour autant oublier d’être « présentable », préférez un pyjama qui ressemble à une tenue d’intérieur ou à un jogging, plutôt que le très classique pyjama géant en pilou garanti mode des années 1950. Pensez que le personnel soignant voit chaque jour des dizaines de malades et que pour eux, il peut être déprimant de voir des patients qui se négligent alors qu’ils se donnent de la peine pour nous soigner. De plus, vous pouvez être appelé(e) à faire des examens aux autres étages du centre, il est plus facile de traverser l’établissement et de patienter dans les salles d’attente en tenue d’intérieur que dans un pyjama qui affiche très clairement sa qualité de vêtement de nuit.
Photos : la Redoute, les 3 Suisses

L'oncologue

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L'article est un peu long, mais le sujet mériterait qu'on y consacre un livre de 500 pages !
On ne dit plus cancérologue, mais oncologue, ça fait mieux, c’est plus proche du terme anglo-saxon, c’est donc plus tendance. C’est le personnage le plus énigmatique du centre. Chacun à le sien.
« - Mon oncologue, c’est UNTEL, il est bien gentil, le vôtre, c’est qui ?
- Moi c’est TARTAMPION, oh, elle imprévisible ! »
On voudrait ne l’avoir que pour soi, on voudrait qu’il passe tout son temps sur notre cas, on voudrait être l’objet de toutes ses études et ses recherches, en fait, on n’est que l’un des 450 nouveaux cas qu’il devra traiter au cour de cette année, sans oublier tous les patients des années précédentes pour qui il a fait des merveilles et qu’il suit encore au long cours.

Dans ces conditions, le malentendu est vite installé : le patient attend tout de l’oncologue. Le malade voit en lui une source d’espérance, il place toute sa confiance et, de ce fait, beaucoup de charge affective sur ce savant qui va lui apporter la santé et la guérison. Il veut faire équipe avec ce grand spécialiste, comme il l’a lu dans les brochures de « la Ligue contre le Cancer », il est persuadé qu’avec lui, la bataille sera gagnée et qu’il aura une réponse à toutes les questions qui se bousculent dans sa tête. Il est très vite érigé en gourou.

La déception s’installe parfois dès les toutes premières consultations, car l’oncologue a déjà oublié qui nous sommes et ce qui fait notre vie, il ne répond pas aux questions que nous posons car toutes nos questions reviennent à demander un pronostic, nous voulons qu’il réponde à LA grande interrogation « Est-ce que je vais vivre ? ». Il n’y a jamais de réponse définitive à une telle question… En temps que soignant, il est obligé de se protéger et ne peut s’investir personnellement pour un patient, sa seule possibilité est de rester « professionnel ». Vous ne serez pour lui qu’un patient, un patient qu’il faut soigner et guérir si possible, mais un patient seulement, il ne sera jamais votre ami et c’est tant mieux pour lui, et tant mieux pour vous aussi, car si tel était le cas, il n’y aurait plus d’oncologue à ce jour, ils auraient tous fait ce qu’on appelle un « burn-out » (syndrome d’épuisement professionnel).

Le malentendu s’installe d’autant plus vite et profondément que, nous les patients, savons peu de chose de l’oncologie. Nous avons l’habitude d’avoir à faire à notre médecin généraliste. Pour ce dernier, à chaque visite la démarche est la même : Nous décrivons nos symptômes, il pose un diagnostic et nous donne un traitement qui nous amène à la guérison. La partie la plus compliquée de la démarche étant de poser le bon diagnostic. Si celui-ci est posé correctement, la guérison est assurée. Pour l’oncologue, il n’est rien de cela : le diagnostic est en général assez rapidement posé (à part quelques cas de cancers à l’histologie complexe), en revanche, c’est la partie traitement qui pose le plus de problèmes. Le patient ignore que, souvent, l’oncologue n’a pas ou n’a que très peu de propositions thérapeutiques à faire. Que souvent, le choix des traitements se fait de façon empirique (on a constaté que telle chimiothérapie fonctionne mieux pour certains cas, qu’une dose X de rayons a donné des résultats sur un type de cancer, etc. …). Il ignore aussi que les traitements ne peuvent se succéder à l’infini.

L’image est trompeuse, l’homme ou la femme à la blouse blanche par qui notre salut doit venir est bien démuni, malgré toutes les machines hypersophistiquées, les technologies les plus avant-gardistes, les recherches les plus en pointes, il est souvent amené à dire « Je ne sais pas » et le patient ignore tout de cela, pensant que la haute technicité du CGFL lui garantit des résultats.

Pour comprendre son oncologue, je suggère à ceux qui en ont l’envie et le courage, de lire les cours de cancérologie générale du Professeur HERON (Centre François Baclesse – CLCC de Caen) [lien ICI]
. C’est un peu compliqué, mais cela permet de se mettre dans la peau de son oncologue et de comprendre son état d’esprit. Ça évite pas mal de malentendus. Il n’est pas question ici de se substituer au médecin et de se croire à même de « piloter » son propre cas ! En revanche, cette lecture ne pourra qu’apaiser vos relations avec les équipes soignantes car elle vous amènera à comprendre ce que l’on peut raisonnablement attendre de chacun des intervenants, et de ce fait, de n’être pas déçu, car à demander l’impossible, on aboutit fatalement à la déception.

Le département oncologie du CGFL : ICI

Les douches du CGFL

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Au deuxième étage se trouvent des douches : trois groupées dans le couloir de gauche (quand on arrive à l’étage par l’escalier, Est) et une dans le couloir de droite (Ouest). La meilleure est celle du fond dans le groupe de trois douches dans l’aile ouest. En effet, celle-ci dispose d’un petit renfoncement dans lequel se situent les porte-manteaux, ceci évite que les habits soient mouillés. Si vous placez vos chaussons bien calés dans ce recoin, ils resteront secs. Pour les autres cabines, il faudra laisser vos chaussons à l’extérieur, sinon, je vous garantis qu’ils seront bien trempés !

Pour ce qui est du 3ème étage, dans l’aile Est, se trouve une douche spéciale handicapé qui est suffisamment spacieuse pour qu’il reste quelques centimètres carrés de sol sec après la douche pour se rhabiller.

Au 4ème, cela se gâte, il n'y a que deux douches pour tout l'étage : elles sont relativement petites, sans recoin et lorsque vous avez terminé vos ablutions, toute la surface au sol est bien détrempée ce qui complique l’habillage. Pour conserver ses chaussons au sec, le seul moyen est de les poser sur la petite étagère qui jouxte celle un peu plus grande destinée à votre trousse de toilette.

En guise d'introduction...

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Non, ce n’est pas le énième blog sur le cancer, avec description minutieuse et laborieuse de toutes les étapes par lesquelles je dois passer, chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie et autres thérapies… Donc, voyeurs, passez votre chemin, il n’y a rien ici de sanguinolent ou de morbide à vous mettre sous la dent !

C’est juste un petit « guide du routard® » à destination des usagers du Centre Georges-François Leclerc (CGFL) de Dijon. C’est l’un des 20 Centres de Lutte Contre le Cancer qui draine à lui tous les cancers les plus lourds de la Bourgogne ainsi que ceux d’une partie de la Haute-Marne et du Jura. Ce centre accueille plus de 5000 nouveaux cas chaque année.

Si vous êtes amateur de miracles, n’allez pas à Lourdes, vous serez déçu. Le Centre Georges-François Leclerc fait beaucoup mieux, et ce, chaque jour de l’année !

Donc, vous trouverez ici, un genre de carnet de route du CGFL : des astuces, des conseils pratiques, quelques états d’âme, quelques portraits, des scènes de la vie quotidienne… Bref, tout ce qui fait l’humanité de cette grosse usine qui est toujours à la limite de la saturation.

Pour découvrir le centre : http://www.cgfl.fr/
Photo : www.cgfl.fr