28/05/2009

Les bains de bouche (... suite)

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Je vous avais donné une recette alternative pour les bains de bouche prescrits au cours des chimiothérapies (voir l’article). Je veux vous faire partager le conseil très pratique que Blandine, soignante-esthéticienne au CGFL m’a donné :

En voyage, en déplacement, si vous ne disposez de rien pour faire vos bains de bouche et que vous avez envie de vous soulager et rafraîchir rapidement la bouche, voici sa solution : Achetez dans la première épicerie ou superette venue une bouteille d’eau de Vichy St Yorre (attention, vérifiez bien qu’il est inscrit « St Yorre ») et utilisez cette eau en bain de bouche (environ 0,80 € la bouteille de 1,25 l ou 0,50 € la petite boutielle de 50 cl pratique pour mettre dans le sac). Cette solution hyper simple constitue un dépannage bienvenu dans de nombreuses circonstances. Attention, cela ne peut se substituer intégralement au traitement car, bien qu'étant la plus concentrée en bicarbonate (4863 mg/l), sa teneur en est 8 fois moins importante que celle prescrite dans les bains de bouche par le CGFL (4 cuillères à soupe représentent de 40 à 50 g/l). Mais, contrairement à la prescription de bains de bouche sur ordonnance, vous pourrez boire l'eau de Vichy St Yorre : ça sera excellent pour votre digestion !

Merci à Blandine pour cette astuce. Pour bénéficier de ses conseils, voir les modalités ICI.

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Les soins esthétiques au CGFL

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Voila, c’est fait et depuis peu de temps. Un vrai service de soins esthétiques a été mis en place au centre G. F. Leclerc. J’ai pu faire connaissance avec l’une des esthéticiennes en charge de ces soins, Blandine qui exerce tous les lundis, mardis, mercredi de 14 h à 16 h 30. Elle passe dans les chambres des malades qui en font la demande. Elle propose des soins du visage ou des mains et surtout, elle vous donne beaucoup de petits conseils pratiques et répond aux questions qu’on n’ose pas poser aux infirmières, pensant que ces interrogations sont futiles. Vous pouvez vous remettre entre ses mains expertes en toute confiance : Blandine est au départ une soignante qui s’est formée ensuite à l’esthétique. Vous n’avez donc pas à craindre de manipulations incompatibles avec votre traitement et c’est un vrai soulagement.

Elle n’a aucune fonction commerciale, les produits qu’elle vous conseillera sont choisis parmi les moins chers, les plus naturels et souvent issus tout simplement du placard familial.

Désormais, au fil des articles que je rédige, vous trouverez aussi les petits conseils de Blandine. J’espère ainsi l’aider de mon mieux en relayant ces informations qui sont essentielles pour nous aider à conserver bel aspect et bon moral.

Pour bénéficier des soins des esthéticiennes, adressez-vous à la secrétaire de l’étage où vous êtes hospitalisé(e), on vous fixera un rendez-vous qui se déroulera dans l’intimité de votre chambre (1/2 heure en général). Si vous êtes dans une chambre double, cela peut être aussi l’occasion de partages et de discussions intéressantes, une façon de découvrir votre voisin(e) sous un autre jour.

Messieurs, il n’y a pas de honte à demander son intervention, la chimio vous dessèche la peau autant qu’aux femmes. Vous verrez, c’est plus facile de demander conseil à une professionnelle qu’à sa femme ou sa fille (votre virilité ou votre autorité paternelle n’en souffriront pas). Pas d’inquiétude, Blandine n’est pas du genre à vous transformer en Drag Queen !


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12/05/2009

Rire au CGFL

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J’ai longtemps hésité à publier cet article, car je sais qu’il offusquera certains lecteurs. De plus, il y est un peu trop question de moi, qui ne voulait pas être le sujet central de ce blog. Pourtant, peut-être puis-je aider l’un ou l’autre en libérant une parole que beaucoup considèrent comme taboue : rire du cancer.

Comme tous les patients du CGFL, j’essaye de prendre du recul par rapport à la maladie et, de fait, le seul moyen que j’aie trouvé, c’est d’en rire. Je sais que ça dérange, que ça choque même, mais voila, je ne sais pas faire autrement : c’est dans ma nature, je ne fais aucun effort et tant pis pour ceux qui croient que « je ris jaune ». Eh bien non, je ris de bon cœur de ma maladie parce que l’humour est mon arme de dérision massive (comme on dit quand on veut faire dans l’humour subtil… mais un peu galvaudé…).

Même si j’essaye de faire de mon mieux pour vous accrocher un sourire aux lèvres avec ma petite prose sans prétention, je n’aurai jamais le talent de Pierre Desproges qui, en ces termes, répondait à la question « Peut-on rire de tout » :

« S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l’humour noir, elle, la mort ? Regardons s’agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l’heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d’un coup ça s’arrête, sans plus de raison que ça n’avait commencé, et le militant de base, le pompeux P. D. G., la princesse d’opérette, l’enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu’au bout de ton cancer (*), tous, tous nous sommes fauchés un jour par le croche-pied rigolard de la mort imbécile, et les droits de l’homme s’effacent devant les droits de l’asticot. »

Pierre Desproges, extrait du Réquisitoire contre Le Pen / Éditions du Seuil, Tôt ou Tard

Sans attendre l’autorisation de quiconque, je ris, je suis gaie et j’ai décidé de ne faire aucun effort pour contrer ma nature. Réfléchissez : quel est le choix qui nous incombe ?
- Soit nous sommes appelés à guérir (ce qui sera le cas pour la majorité d’entre nous) et dans ce cas, pourquoi se morfondre inutilement ?
- Soit la chance n’est pas au rendez-vous et dans ce cas, pourquoi gâcher le temps qu’il nous reste au lieu d’en profiter pleinement ?
L’alternative est décrite crument, mais comment l’exprimer autrement ?

En écrivant ces mots, je ne cherche même pas à me justifier, cela n’est pas nécessaire : je n’ai pas à quémander à quiconque l’autorisation d’être sereine et gaie. Comprenne qui pourra !

(*) Il pense ici à sa belle-sœur, voir l’article « La Belle-sœur de P. Desproges ».

Crédits photos : CristalXP et Photobucket.com

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11/05/2009

C'est bon pour le moral !

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Bon, vous l’avez vu, je badine volontiers sur le thème de l’esthétique et des soins cosmétiques. Quand j’ai un peu de mal à me refaire un portrait digne de ce nom le matin devant la glace de ma salle de bain, je me remonte le moral en allant visiter ces quelques pages web qui me font bien rire :

Quelques stars avec ou sans maquillage

Quelques anonymes avec ou sans maquillage

Quelques stars largement aidées par Photoshop®


Merci à ma fille cadette pour ces bons tuyaux !

Photos extraites du blog de Grégory Lemoine

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Le DS 12

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S’agit-il du syndrome d’Epinal, mais vous observerez que le dialogue est difficile sur le sujet de la radiothérapie avec les manipulateurs. L’équipe est constituée de personnes formidables, sympathiques, très professionnelles. Le contact est donc facile au premier abord. Cela reste vrai dès que vous n’abordez pas l’aspect technique de la radiothérapie. De fait, il est possible de poser des questions à ce sujet, mais ne vous attendez pas à avoir de réponses claires et franches. Au contact du point d’interrogation, le manipulateur présente une réaction allergique immédiate, il se referme et se protège derrière un jargon des plus techniques. Je vais vous narrer une petite anecdote qui m’est advenue et qui illustre bien ce malaise :

Au cours des 30 séances de radiothérapies que j’ai suivies, vers la fin, au moment où il fallait faire les repérages et les traçages pour les dernières séances dites « de réduction », il s’est produit par deux fois le même incident. La machine démarrait, puis après quelques secondes s’arrêtait. Je restais immobile, attendant qu’une voie dans le système de communication me donne une indication, ou me dise de ne pas bouger… mais rien, silence radio. Puis la machine se remettait en route et la séance s’achevait comme à l’habitude. Au retour des manipulatrices dans la pièce, je sentais qu’une question ne serait pas la bienvenue et me taisais donc.

Je m’interrogeai au sujet de ces arrêts intempestifs. Non pas que je craignisse une sur-irradiation, mais devant un tel déferlement de haute technologie, on se sent si impressionnée et démunie, que toute explication est la bienvenue. Prenant mon courage à deux mains, la semaine suivante, j’osai demander « Jeudi dernier, la machine s’est arrêtée, puis a redémarré, de quoi cela vient-il ? ». Silence gêné, les manipulatrices se regardent les unes les autres, se demandant visiblement qui répondra, puis l’une d’elle me regarde et me dit tout net « C’était un DS 12, c’était d’ailleurs le seul DS 12 de la semaine ! ». Je compris que je devais me contenter de cette réponse. J’étais donc bien avancée : un DS 12… un DS 12, qu’est-ce que c’est un DS 12 ? Il m’a fallu deux semaines d’obstination et de recherches complexes sur Internet pour enfin trouver sur un forum d’élèves manipulateurs en radiothérapie, qu’un DS 12 était une mise en sécurité de la machine qui s’arrête automatiquement dès qu’il y a un écart de plus de 5 % entre deux chaines de calcul. Cela veut donc dire tout simplement, que lorsqu’on dérègle la machine, puisque celle-ci fait en permanence des vérifications de sécurité, elle s’aperçoit immédiatement des modifications et s’arrête.

Vous conviendrez avec moi qu’il eût été préférable de me répondre : « Vous êtes traitée sur une machine à très haut degré de sécurité, comme nous avons touché aux réglages en prévision des séances de réduction, celle-ci l’a immédiatement détecté et a appelé une correction. Ce système vous met donc à l’abris de tout dérèglement ce qui est très sécurisant pour vous comme pour nous ». Ce type de réponse m’aurait évité de chercher pendant 15 jours ce qu’était un DS 12, m’aurait complètement rassurée et apaisée. Tous les patients n’ont pas forcément des bases en science physique qui leur permettent de chercher la réponse par eux même. Donc combien de patients auraient gambergé sur ce DS 12 et pensé qu’ils étaient peut-être victime d’incidents aussi graves que ceux d’Epinal ?

Nous, les patients ne pouvons guère faire changer cette façon de communiquer. Le changement ne peut venir que de l’équipe elle-même, mais je ne suis pas sûre que les manipulateurs aient conscience de jargonner et d’induire de la sorte des angoisses car ils le font en toute bonne foi et sans aucune intention de nuire au patient. Je crois même que, ce faisant, ils pensent nous préserver !

Comme vous l'avez remarqué, je confesse que mon coté "vieille France" me fait aimer l'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif, quitte à passée pour ridicule...